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On parle souvent de la résistance comme d'un acte grave, d'un refus, d'une lutte, ou d'un combat.
Nous avons envie de commencer autrement, d'explorer d'autres formes de résistance, sous-jacentes à nos identités, nos débordements, nos troubles. Parce que résister, c'est aussi continuer à désirer. Continuer à créer. Continuer à rire. Continuer à écrire malgré tout.
La joie n'est pas l'opposé de la colère, elle peut l'accompagner dans son irrévérence.
La précarité, elle, ne se résume pas à un manque d'argent. C'est aussi la fragilité des corps, des droits, des langues et des mémoires. C'est vivre dans des mondes où certaines existences sont constamment remises en question. Et pourtant, de ces marges naissent souvent les formes les plus inventives de création. Les artistes que nous accueillons le savent, en sont l'incarnation-même.
Aucune de ces personnes ne raconte exactement la même histoire. Pourtant, leurs œuvres se rejoignent dans une intuition commune : nos fragilités ne sont pas des failles à cacher mais des endroits à partir desquels inventer d'autres mondes.
Pour cette ouverture, il sera question de poésie, de littérature, de performance, de militantisme, de désir, d'amour, de colère et de fête.
Car nous croyons que les révolutions ne naissent pas seulement dans les manifestations ou les assemblées.
Elles naissent aussi dans les livres que l'on écrit malgré la censure.
Dans les langues que l'on refuse d'abandonner.
Dans les corps qui continuent à danser quand tout leur demande de disparaître.
Dans les communautés qui prennent soin les unes des autres alors que tout pousse à l'isolement.
La joie n'est pas une récompense après la révolution.
Elle est déjà une manière de la faire advenir.




