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Roxana Hashemi, dans ses resserrements, ses évidences et ses étrangetés dit la nature et l’humain, l’ordinaire, ses doublures, ses pliures, ses détails, dans des lignes qui au fil des pages (ses mots, ses blancs, ses parties) prennent de l’amplitude, montent, s’élèvent et transfigurent ses sujets.
Texte : Marie Chartres
On ne peut pas se réfugier
à l'intérieur des plis
d'un feu
Roxana Hashemi, L'anniversaire de toutes les choses, Éditions NOUS
Précoccupé par les futurs générés à partir des données qu’il émet, un narrateur s’adresse à l’agent fédéral assigné à sa surveillance. Souvenirs indexés peuplés d’anges et de cyborgs, traces et complots d’un empire oublié, vidéos d’alchimie tard dans la nuit, voix anonymes et océaniques des plateformes — le contenu d’une multitude d’onglets ouverts, riches en information, compose un « scroll of conscousness » où poésie et technologie sont deux interfaces d’une même magie : le langage. À mesure que l’écran calque la conscience et absorbe le rêve, réapparaît le désir d’aller toucher de l’herbe.
Asma Soulista écrit le monde à travers des textes engagés, sensibles et multilingues qu’elle chante et déclame comme autant de voyages et d’expérimentations poétiques. Militante féministe, anti-raciste et anticapitaliste, elle aborde l’art comme une (l)arme d’expression citoyenne et de sensibilisation individuelle et collective.
Bleue comme une orange
elle tourne et tourne
impassible face à nos cicatrices
qui divisent l’espace et structurent nos futurs
en sillonnant les routes
d’horizons à gravir
de chutes vertigineuses
de rivières asséchées
de frontières meurtrières
Asma Soulista, Bris de vers, maelstrÖm reEvolution
Des personnes ordinaires, prisonnières du quotidien, abasourdies par l’incessante agitation du monde. Au cœur de ces vies qui semblent frappées de silence, des voix pourtant se fraient un chemin. Elles racontent la puissance des rêves, la brutalité du monde du travail, le deuil, des voix au téléphone qui n’appartiennent à personne. Une parole se libère, puissante et vulnérable à la fois.
Au fil du texte, par échos et silences, quelque chose de profond se creuse, se défait un peu, se répare en partie – un tissu d’images à travers lequel Alexandre Lecoultre tout à la fois devine, dévoile mais aussi réchauffe nos solitudes.


