Elya Verdal est une artiste pluridisciplinaire dont le parcours hors norme et richement éclectique façonne une écriture profondément singulière. Après une carrière dans l’industrie, elle opère une reconversion audacieuse, explorant la croisée des chemins entre psychothérapie, poésie et narration. Engagée et résolument contemporaine, son art puise aussi bien dans des codes classiques qu’elle déconstruit à l’aune de thématiques actuelles comme le consentement, l’agisme, ou encore le déracinement.
Il y a la gueule et il y a le monde — la gueule qui tente d’y entrer, de s’y faire une place, de se le faire rentrer dedans, ce monde vaste et brutal et rempli à craquer de matière incisive et de matière douce, monde où la question du pays demeure béante, sans lieu où poser sa mémoire, son désir, ses langues. C’est à son seuil qu’Elissa Kayal fracasse l’histoire de sa gueule, histoire d’une parole trouée qui se cogne, se durcit, résiste et veut tout de ce monde, y aimer, y danser, s’en gorger jusqu’à l’excès malgré la violence de la guerre et des exils, et qui, dans cette collision même entre l’inconvénient de naître et la tentation d’être au monde, se découvre pour remède une « horrible envie de vivre ».
Histoire de ma gueule, Elissa Kayal, L’oie de Cravan
Interrogeant la mémoire de sa famille et ses souvenirs d’enfance, Isabelle Cornaz tisse l’histoire de Palamós, lumineuse petite ville portuaire au nord de Barcelone. Sa mère y a grandi avant d’émigrer en Suisse et la narratrice s’y rend chaque année pendant les vacances. Elle arpente ce territoire qu’elle connaît intimement, entretenant un rapport équivoque avec ce lieu, d’où elle vient sans y avoir vécu.
Bahía, Isabelle Cornaz, éd. La Baconnière

