Lylybeth Merle : lecture en français
Itziar Ziga : lecture en espagnol surtitré en français
Nour Symon : lecture en français
Andro Dadiani : performance in Georgian, subtitled in English et surtitré en français
Au début, j’y vais doucement
je demande qu’on utilise il et elle
Mais le elle s’efface
On tente pour faire plaisir
le premier jour ça tient
la première phrase ça tient
puis ça s’efface
Tu comprends la barbe ça n’aide pas
Alors il faut durcir le trait
ce sera elle à tout jamais
Ma barbe, mon ultime féminité
- Lylybeth MERLE, Échardes, Arbre de Diane, coll. « Les deux Sœurs », 2026
Itziar Ziga a grandi dans une cité au Pays basque espagnol, entre nuages toxiques et terrains vagues vert fluo. Elle aime les boas à plumes, se déguise parfois en camionneur et se désigne elle-même comme une chienne. Ce livre fait preuve d’une liberté et d’un enthousiasme furieusement contagieux. Il témoigne d’un activisme joyeux marqué par le travestissement, les performances de rue, et porte les revendications brutales de celles et ceux qui restent aux marges d’une société qui les condamne.
Préfacé par Virginie Despentes et Paul B. Preciado, Devenir chienne relève autant du portrait collectif que de l’essai autobiographique. Itziar Ziga y décrit l’expérience d’une féminité subversive car hyperbolique et parodique. Prostitution, voile, sexualités, transidentité, précarité sociale sont autant de thématiques qui traversent le texte, dans une démarche résolument intersectionnelle et anti-assimilationniste.
Je suis un·e slutty queen trans fèm égypto-québécois·e neurodivergent·e polyamoureux·se et pansexuel·le. Avant de quitter le Québec pour l’Égypte, j’étais en deuil et je craignais la disparition de la beauté. Tout a changé quand j’ai visité ce pays que j’étais si pressé·e de rencontrer depuis la prise de conscience de mes origines. Je ne suis peut-être plus la même personne maintenant. Et pourtant, je suis toujours un·e slutty queen trans fèm égypto-québécois·e neurodivergent·e polyamoureux·se et pansexuel·le, effrayé·e par la disparition de la beauté, et en deuil.
- Nour SYMON, Khawal Le privilège de la beauté, Ed. Le Noroît
Andro Dadiani est un artiste géorgien multidisciplinaire dont le travail oscille entre le texte et l'image. Sa démarche artistique est une réflexion sur l'identité, la migration et la résilience, où l'intime rencontre l'universel et trouve une expression publique.
Depuis 2017, l'artiste travaille sous pseudonyme et masqué. Pour lui, c'est devenu le seul moyen de penser et d'exister librement dans un pays où la différence est perçue comme une menace. Cette identité refoulée confère à son œuvre une portée universelle et une force émotionnelle et critique intense.



