Au fil des poèmes, les traducteurices littéraires Marie Jadot et Franco Paris évoquent leur traduction du « paysage coupable » du grand auteur et artiste néerlandais Armando (né Herman Dirk van Dodeweerd).
Qu’en est-il de la traduction à quatre mains quand l’un traduit en français et l’autre en italien ?
Het was een lange straat,
gekleed voor een ontmoeting,
een plant stond aan de ingang
en wist geen antwoord.
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C’était une longue rue,
habillée pour une rencontre,
à l’entrée une plante
ne savait que répondre.
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Era una strada lunga,
vestita per un incontro,
all’ingresso una pianta
non aveva una risposta.
Extrait de Stemmen/Voix/Voci (Raffaelli Editore, 2024, édition trilingue)
Poète et prosateur, peintre et dessinateur, sculpteur, metteur en scène et acteur, Armando (1929-2018) a marqué l'art et la littérature des Pays-Bas avec une œuvre axée sur la mémoire des traumatismes de la guerre et le « paysage coupable ».
Il n’est encore qu’un petit garçon lorsqu’il quitte Amsterdam pour Amersfoort et joue ses premières notes au violon. Il grandit à l’orée de la forêt idyllique qui voit s’implanter le Polizeiliches Durchgangslager Amersfoort durant la Seconde Guerre mondiale. Les événements traumatiques de sa jeunesse traceront les lignes thématiques de son œuvre. Ils transparaissent notamment dans le « paysage coupable » qui s’imposa encore et toujours, sur la toile comme sur le papier.